L'art Thaï

La Thaïlande traditionnelle et son héritage artistique se retrouvent lorsque l'on évoque l'art et la culture traditionnelle. Les travaux manuels sont mis peu à peu en avant formant une gamme de produits riches et rares, à la base de l'histoire et des coutumes thaïlandaises. Ainsi, l'art thaï se distingue par son ensemble très varié de techniques artisanales telles que la peinture, la sculpture, la céramique, le tissage, la musique, le théâtre.



Peinture
Indra et Sachi sur l'Éléphant divin Airavata (circa 1670, 1680)Les artistes thaï ne possédaient au départ qu'un ensemble de cinq couleurs primaires (le rouge, le bleu, le jaune, le blanc et le noir), dont ils se servaient pour produire d'autres sortes de pigments. Ces pigments permettaient alors aux artistes de créer des peintures murales, aussi utilisées pour les bannières et les illustrations. Les représentations étaient plus ou moins grandes selon le degré d'importance, l'utilisation de l'ombre n'existait pas encore et les techniques picturales étaient très évoluées pour l'époque. Dans une optique religieuse et traditionnelle, la peinture thaï orna les murs des temples et des palais, tout comme les illustrations des livres. La religion, ainsi que la royauté, pris rapidement une place importante au sein même des peintures afin d'y faire ressortir la beauté des objets et des richesses. Au XIXème siècle, les pigments s'enrichirent et de nouvelles techniques, venues d'occident, déferlèrent pour donner aux peintures un aspect plus moderne. L'utilisation des feuilles d'or apportèrent plus de lumière aux représentations et les couleurs plus de détails. Malgré la persévérance du style traditionnel, certains artistes réussirent l'exploit de créer leur propre style, né de la fusion entre le style traditionnel et du style occidental. Un style unique alliant tradition et modernité.

Sculpture
Durant la période de Sukhothai, les sculptures représentaient généralement Bouddha assis. Leur taille pouvait aller de onze mètre de large pour de grandes statues, comme on peut le voir aujourd'hui dans le temple Wat Si Chum, à la taille d'un pouce pour de petites amulettes. Ces sculptures étaient faites le plus simple possible afin de garantir la sérénité énigmatique émanant du Bouddha. Les détails, tels que les muscles ou les structures du corps, n'étaient donc pas acceptés.

Céramique
L'art de la poterie débuta au niveau du XIIIème siècle, au sein même de la capitale de Siam (Thaïlande actuelle), Sukhothai. Cependant, des fouilles ont déterré des poteries datant de plus de 5000 ans dans le Nord de la Thaïlande à Ban Chiang (site archéologique). Les poteries les plus simples étaient principalement utilisées pour la cuisson et le stockage des aliments. Les plus sophistiquées, issues de techniques chinoises introduites il y a 700 ans, avaient une utilité plus décorative. Les traditions étaient différentes selon les régions. Au nord de la Thaïlande, les poteries étaient légèrement vernies avec de la terre cuite et huilées afin de retenir les liquides à l'intérieur des récipients. La coutume voulait que soient placés au-dehors des temples et des maisons des pots pour étancher la soif des étrangers de passage. Dans le Nord-Est des villes, telles que Nakhon Ratchasima ou Ratchaburi, situées à l'Ouest de Bangkok, des poteries bruns foncés sont produites dans des fours sous toutes les formes et sont connues pour leurs belles décorations aux couleurs jaunâtre et verte, ornées de dragons et de motifs floraux. A la fin du XIIIème siècle, la technique du bleu-vert céladon fit son apparition lorsque le roi de Sukhothai demanda à 300 potiers chinois de rejoindre son royaume. Cette technique est encore utilisé de nos jours selon les mêmes procédés utilisés dans l'ancien temps.

Tissage
Selon la tradition, le tissage ne peut s'établir sans avoir fabriquer au préalable du tissu, comme la soie (fabriquée grâce aux vers à soie). Par la suite, la soie peut être colorée, puis tissée par les mains expertes des tisseuses. Se rapprochant de la soie, il existe aussi une autre sorte de tissu, le Medmee. Ce tissu est devenu aussi célèbre que la soie et est une spécialité très reconnue dans le Nord Thaïlandais. Prenant son origine dans le Nord de la Thaïlande, région où le tissage est une tradition artisanale, le tissage était important car il permettait de vendre les produits aux pays voisins. Ainsi, l'industrie de la soie prospéra jusqu'au XIXème siècle, puis connue un long déclin du fait d'une trop grande concurrence Chinoise et Japonaise. Plus tard dans les années 50, un américain, Jim Thompson, se fit une renommée internationale grâce au relancement des industries de soie. Aujourd'hui c'est au Nord de la Thaïlande que se situe la plus grande société de tissage fait main au monde. Société créée par la compagnie de Jim Thompson. Possédant une production de soie très importante depuis de nombreuses années, la Thaïlande devait subvenir aux demandes intérieures de son propre pays. Mais depuis quelques années celle-ci reçoit des demandes extérieures importantes. Ceci est dû à la modernisation des méthodes de production traditionnelle de soie, ainsi qu'au développement de son marché touristique. Elle est alors devenue, peu à peu, le plus connu de tous les pays artisanaux au niveau mondial.

Musique
Depuis l'antiquité, les instruments de musique thaïlandais étaient fabriqués par le peuple, selon leurs propres idées et moyens (matériaux peu coûteux: bambou, bois...). Plus tard, d'autres cultures s'ajoutèrent à celle-ci, comme la culture indienne, apportant une variété plus importante d'instruments et de chants. Les instruments furent alors imités, les chants appris et de nouveaux instruments nés de ces deux cultures se formèrent (le phin, le sang, le pi chanaï, le krachap pi, le chakhe et le thon).
Durant la période d'Ayutthaya, les chants, qui étaient accompagnés généralement de quatre à huit musiciens, s'améliorèrent au niveau des techniques vocales et dans la durée. Aujourd'hui encore, les chants de cette époque sont joués et toujours d'actualité. Durant la période de Bangkok, les chants, qui étaient accompagnés alors de douze musiciens, furent adaptés dans des théâtres, où des représentations impressionnantes étaient jouées. Dans les temps anciens, les musiciens thaïlandais étaient formés par des enseignants exigeants, qui demandaient un travail constant et rigoureux au niveau de la pratique du chant et des instruments. Grâce à ces expériences et à l'utilisation importante de la mémoire, les musiciens obtinrent un grand nombre de techniques et de savoirs au niveau de la lecture et de la pratique des chants.
Avec le temps, d'autres cultures apparurent en Thaïlande, tels que celles des pays d'occident ou des États-Unis, et apportèrent à la culture thaïlandaise une variété plus importante d'instruments (la basse-batterie, le violon et l'orgue) et de chants. Au début du XXème siècle, un musicien, Phra Chen Duriyang, édifia le premier orchestre de Thailande et enseigna à de nombreux jeunes musiciens. Dans les années 20 jusqu'à nos jours, plusieurs autres orchestres furent alors créés, les musiciens thaïlandais améliorèrent leurs styles et affinèrent leurs techniques.
Grâce au mouvement musical populaire occidental des années 50, les groupes se créèrent, faisant avancer la modernité. Un peu plus tard, la musique prit une grande importance dans la royauté, lorsque le roi, Bhumibol Adulyadej, alors lui-même musicien de jazz très reconnu, obtint le titre de premier membre d'honneur de l'institut de Musique et des Arts de la Ville de Vienne dans toute l'Asie et 23ème dans le monde. Aujourd'hui, la musique reste encore importante dans la royauté. Ainsi, il n'est pas étonnant de retrouver dans la famille royale des personnages tel que la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, une artiste talentueuse de la musique classique.

Théâtre
Au sein de la culture dramatique thaïlandaise, se distinguent plusieurs sortes de théâtre. Depuis la période d'Ayutthaya se sont créés quatre styles différents de théâtre, tels que le Khon, le Lakhon, le Nang Talung et le Nang yai (et leurs Hun marionettes).

Le théâtre Khon était joué uniquement par des hommes, même lorsque les personnages représentaient des femmes. Plus tard, dans le XIXème siècle, la femme reprit son rôle en tant qu'actrice dans les représentations. Ce genre de théâtre classique mélange jeu d'acteur et danse. La musique joue aussi un grand rôle dans les représentations car elle est à l'origine des actions exécutées par les acteurs, comme marcher, courir, rire...
Les acteurs ne portant pas de masque ont à certains moments le droit à la parole, au contraire des acteurs masqués. Pour ces derniers, une chorale chante et récite des versets accompagnant leurs actions. Les masques de ces acteurs étaient richement décorés d'or, de laque et de bijoux. Chacun d'entre eux dévoilaient une personnalité différente grâce à la signification de leur mimique. Les costumes, tout aussi riche et digne d'habits royaux, étaient particuliers par leur couleur qui conférait aux acteurs le titre de personnages principaux.
Les représentations étaient très longues (environ 20 heures), ce qui poussa à deux jours la durée d'une seule représentation. Elles étaient basées sur le Ramakian écrite lors du règne de Rama I. Plus tard, lors du règne de Rama II, les épisodes de l'épopée se raccourcir considérablement jusqu'à trois heures par représentation.

Le théâtre Lakhon, différent du théâtre Khon malgré la ressemblance des costumes, est plus expressif dans ses représentations. En effet, le corps est en constant mouvement, fluide, gracieux, ce qui donne à la danse un caractère émotionnel sans précédent. Le port du masque est réservé aux créatures fictives. Les représentations étaient basées principalement sur le Ramakian, mais aussi sur les contes Jataka et autres contes populaires.
Le Théâtre Lakhon se divise en trois types de théâtre: Le théâtre Lakhon Chatri, Lakhon Nok, et Lakhon Nai. Le Lakhon Chatri a lieu dans des sanctuaires populaires où les danseurs engagés par les fidèles dansent pour célébrer les divinités.

Le Lakhon Nok est un ensemble de pièces burlesques rapides, très musicales et animées de beaucoup de mouvements. Plus tard, lors des festivals, ce type de représentation prendra le nom de Li-Ke, théâtre populaire où les dialogues rapides et spontanés (jeux de mots...) prennent leur source dans les histoires et les anecdotes locales (critiques sociales).
Le Lakhon Nai est donné uniquement par des dames au sang royal dans les palais.
Les représentations sont élégantes, pleines de raffinement et de finesse.

Le théâtre Nang Yai est un théâtre d'ombres populaire, du centre de la Thaïlande, où de grands personnages (marionnettes) sont projetés sur un écran blanc et manipulés par des acteurs cachés en dessous de l'écran. Les personnages appelés Hun marionnettes étaient manipulées par des fils tirés du dessous par les manipulateurs (différent des marionnettes manipulées du dessus), permettant leurs mouvements. Mouvements à l'origine des danses dans les théâtres Khon et Lakhon.

Se rapprochant du style Nang Yai mais situé dans le sud de la Thaïlande, le théâtre Nang Talung, quant à lui, possède des marionnettes plus petites, créées de façon à rendre mobiles certaines parties du corps (jambes, bras, bouche...). Les manipulateurs, acteurs et chanteurs, donnent alors, par leurs chants et leur talent d'acteur, aux représentations un tempo saisissant, alors même cachés ainsi du public.

Un spécialiste de l’artisanat thaï :

LORIENTAL LIFESTYLE : www.statue-bouddha-bronze-lampe-thai.com