1969, naissance d’un mouvement
En 1969 naissait, sous l’impulsion de 6 Junior-Entreprises, la Confédération Nationale des Junior-Entreprises. Portées par des valeurs immuables depuis sa création, la CNJE contribue aujourd’hui à enrichir le parcours de milliers d’étudiants chaque année, en France comme à l’étranger, à travers le réseau JADE, confédération des Junior-Entreprises en Europe. Avec pour vocation d’assurer la promotion de J.E., d’en défendre et représenter les membres et d’en garantir la cohésion, la CNJE diffuse ainsi depuis 40 ans « l’esprit J.E. ». Elle rassemble aujourd’hui 140 structures en France, d’écoles supérieures et d’universités, fédérant des milliers d’étudiants aux profils et compétences variés.
Échange avec M. Le Febvre, premier président de la CNJE et membre fondateur du mouvement de l’esprit d’entreprendre.
Vous avez été le premier président de la CNJE : que gardez-vous des débuts de cette association, depuis sa genèse jusqu’à la fin de la première année d’activité ?
Ça a été une période tout à fait passionnante, où se sont mêlées les naissances de 6 Junior-Entreprises et celle de la CNJE. À l’époque, je faisais mon cursus supérieur à l’ESSEC et j’ai donc participé à la création d’ASSAS Service, notre J.E. En parallèle, des structures similaires se créaient à Montpellier ou encore Lille. C’était une période effervescente, notre petit nombre nous permettant de vraiment tous nous connaître et d’échanger les bonnes pratiques de façon, sans doute, bien moins informelle que maintenant.
C’est dans ce cadre-là qu’est né le concept de la CNJE : nous n’avions pas de référent et nous étions confrontés à des questions de facturation d’honoraires, de récupération et versement de ces mêmes honoraires aux membres du bureau et aux collaborateurs ponctuels, comme les administrateurs d’études… Nous avons donc décidé de mettre en œuvre un organe de régulation, à même de déterminer les grandes lignes de fonctionnement et de process. Je me souviens que nous avons dû vraiment lutter pour sensibiliser les politiques notamment et parvenir à faire passer nos idées, les transformer en textes légaux : un réel apprentissage du lobbying et des rouages de la politique ! Une année était un temps très court pour mettre en place tout ce que nous avions à l’esprit et faire naître l’esprit d’entreprendre à la Confédération, mais nous sommes parvenus à en déterminer les fondations, à savoir un cadre juridique et de conduite.
Quelles étaient, à l’époque, les missions de la CNJE et celles de son président ?
Je pense que la mission de la CNJE n’était pas très différente de celle qu’elle effectue encore aujourd’hui. Il s’agissait de veiller au bon fonctionnement des associations existantes ou en création. De par notre concept novateur, il était aussi – et peut-être même avant tout – question de veiller à l’image de marque des structures et d’éviter les dérapages. Les J.E. en étaient à leurs balbutiements, nous devions nous construire une image auprès des pouvoirs publics, de nos écoles, des fournisseurs, … En fait, pour être synthétique, la CNJE devait apporter la déontologie nécessaire au mouvement. Au-delà, nous avions également pour chantier les aspects juridiques, fiscaux, sociaux… chantier d’envergure, car nous partions de rien ! Et enfin, le dernier objectif était de nous faire connaître ; auprès de la presse et de futurs clients potentiels, bien sûr, mais également en interne, au sein des écoles où nous avions pour volonté de porter la bonne parole et de convaincre nos pairs de l’intérêt des Junior-Entreprises. En tant que président, j’étais en tête de pont sur toutes ces missions : nous étions trop peu à l’époque pour une répartition des tâches par groupe de projet. J’étais totalement dédié à la CNJE !
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette expérience, à titre personnel et professionnel ? Est-ce une expérience à laquelle vous êtes sensible dans le cadre des relations professionnelles ?
À titre personnel, la naissance de la CNJE, sa construction, ça a une fabuleuse aventure, partagée avec des gens mus par l’esprit d’entreprise et portés vers les mêmes objectifs : un plaisir quotidien ! Sur le plan professionnel, l’influence n’en est pas moins forte : j’ai appris énormément, bien plus que si j’avais uniquement suivi l’enseignement classique dispensé à l’époque… Cette expérience m’a donné une approche totalement différente de l’entreprise et a influencé ma carrière : ainsi, bien que j’aie débuté comme salarié, j’ai gardé en moi l’esprit d’entreprendre, le goût du challenge, ce qui m’a amené à créer mon entreprise. Sans aucun doute, c’est la graine semée à l’époque des J.E. et de la CNJE qui a germé et abouti sur ce projet ! Aussi, je suis très sensible à une expérience similaire chez mes collaborateurs ou partenaires professionnels ; ça reste une référence pertinente dans un parcours. J’ai même fait appel à une J.E. dans le cadre d’une étude, lorsque j’étais entrepreneur. Je reconnais dans ces expériences et parcours similaires au mien un engagement et un esprit d’entreprendre pour lesquels j’ai, aujourd’hui, le même respect qu’il y a 40 ans.
Que peut apporter une J.E. aux étudiants, selon vous ?
Pour les étudiants membre du bureau de la J.E., l’expérience apporte une maturité évidente, tant en termes de gestion d’entreprise qu’au niveau du relationnel professionnel. C’est, sans conteste un vrai plus dans le parcours de formation. Quant aux étudiants qui y collaborent ponctuellement, à l’occasion d’administration d’études ou missionnés sur des projets précis, outre une expérience professionnelle complémentaire, le fait d’être rémunéré pour un travail en lien avec leur formation est salvateur. Nous savons tous aujourd’hui que la situation financière de bon nombre d’étudiants est alarmante ; même si la rémunération ne peut être apparentée à un salaire, elle offre un « coup de pouce » pour ceux qui en ont besoin et permet d’éviter certaines dérives ou petits boulots fastidieux, parfois nuisibles au bon déroulement de la formation.
En tant que directeur d’institut universitaire professionnel, qu’attendez-vous de la J.E. ?
La J.E est, pour une formation telle que la nôtre, un véritable pépinière « en situation réelle ». Elle constitue à la fois un laboratoire d’expérimentation, ouvert et accessible à tous, ainsi qu’une validation in situ des compétences et expertises que les étudiants acquièrent tout au long de leur formation. C’est à la fois une vitrine de notre enseignement et du sérieux de nos étudiants et un baromètre intéressant afin qu’ils se situent par rapport à leurs envies et souhaits professionnels.
Est-ce pour cela que vous avez vivement soutenu la création de Junior MIAGE Concept, pionnière dans une faculté de l’académie de Nice ?
Bien sûr ! Mais en plus des arguments développés précédemment, la volonté de voir cette J.E. émerger relevait également de l’envie de soutenir une initiative constructive, signe d’une équipe dynamique et efficace. C’est, sans aucun doute, le gage d’une imagepositive pour la formation dispensée à l’IUP et, de fait, pour nos étudiants.
Et demain ?
Loin de se satisfaire de ses acquis, la CNJE regarde à l’horizon et réfléchit à une diffusion toujours plus large de l’esprit J.E.
Rencontre avec Olivier Fournier, président 2009-2010 de la CNJE.
La CNJE a ef fectué un joli parcours depuis sa création il y a 40 ans : a -t-elle atteint son âge d’or ?
Si on se penche sur l’histoire de la CNJE depuis ses débuts en 1969 jusqu’à aujourd’hui, nous ne pouvons qu’être fiers du parcours accompli : les J.E. ont prospéré et se sont multipliées, elles ont acquis un statut officiel et sont reconnues pour leur professionnalisme et leur sérieux. Il y a toujours plus d’étudiants séduits par l’aventure J.E. et un nombre croissant qui postule à l’entrée au sein de la CNJE. C’est effectivement un sujet de satisfaction. Mais je ne pense pas pour autant que nous devons nous reposer sur nos lauriers et nous contenter de regarder vivre ce que des générations de Junior-Entrepreneurs ont fait naître et construit au fil des ans.
L’histoire est toujours devant nous. Bien qu’au niveau structurel, les J.E. – et de fait, la CNJE – ont atteint une certaine maturité, il y a toujours matière à la progression et l’évolution. Tout me porte à croire que la CNJE n’a pas encore démontré l’étendue de ses possibilités.
Qu’entendez-vous par là ? Avez-vous des objectifs d’évolution ?
Bien sûr, et j’ajouterais même heureusement ! En tant que président, j’ai l’envie et la volonté d’apporter, en collaboration avec mon équipe, ma pierre à l’édifice, en étant un élément moteur du devenir de la CNJE. Nous avons, tout d’abord des objectifs de croissance, en développant encore et toujours le nombre de structures existant, permettant à toute école ou université qui le désire de créer sa J.E.. Cela signifie soutenir les initiatives, apporter conseils et expertise et guider les processus de création. Depuis leurs débuts, les J.E. se sont dotées d’un cadre réglementaire rigoureux, afin de tendre vers l’excellence ; ce qui implique de nombreux critères sélectifs à la prétention du statut. Notre volonté et notre rôle est de faciliter les démarches, par une présence constante et un niveau d’information toujours plus performant. Nous avons également des objectifs plus stratégiques, qui concernent d’avantage
le fonctionnement et la place de la CNJE au sein de l’enseignement supérieur français. Autrement dit, nous n’avons pas de quoi chômer !
Pouvez-vous nous en dire plus sur ces objectifs stratégiques ?
Nous en sommes aujourd’hui toujours au stade de l’étude des diverses possibilités et des moyens à mettre en œuvre… Nous travaillons notamment sur un projet de loi qui offrira, à termes, une meilleure définition du cadre des Junior-Entreprises. et permettra de valoriser l’éventail de bénéfices : une rémunération (régulière ou occasionnelle) qui peut alléger le coût d’études parfois très élevé et limiter ainsi le phénomène inquiétant des étudiants vivant en dessous du seuil de pauvreté ; une expérience professionnalisante, en accord avec le cursus d’apprentissage choisi ; le développement de l’esprit d’entrepreneuriat, d’innovation et d’initiative ; et enfin, l’amélioration de l’image de la France à travers une représentation dynamique et citoyenne de ses étudiants.
Par ailleurs, nous avançons avec le Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi sur le développement des J.E. en universités ; outre le soutien d’Hervé Novelli, ce projet inclut également l’engagement d’Animafac (réseau d’associations universitaires) et la Conférence des Présidents d’Universités. Enfin, il va de soi que nous travaillons toujours à la diffusion de notre concept auprès d’entrepreneurs et des grands groupes, à travers les réseaux d’entreprises auprès desquels nous multiplions les initiatives.
En cette année anniversaire, notre regard se porte à la fois sur le chemin parcouru et celui sur lequel nous souhaitons désormais avancer : des Junior-Entreprises plus ouvertes et plus largement répandues, responsables éthiquement et écologiquement, avec un engagement renouvelé dans la voie de l’excellence.
La CNJE en résumé
Depuis 40 ans, la Confédération Nationale des Junior-Entreprises regroupe, anime et coordonne les actions des 140 Junior-Entreprises françaises.
Les Junior-Entreprises sont des associations, au sein des Grandes Ecoles et des Universités françaises, a y an t une approche pédagogique et professionnelle afin de sensibiliser les étudiants au monde de l’entreprise et aux réalités économiques. On dénombre actuellement 1600 étudiants administrateurs dans plus de 40 villes en France.
Elles proposent des prestations d e s er v i c es à haute valeur ajoutée aux entreprises qui bénéficient des compétences, issues de l’excellence de la formation, des étudiants des Grandes Ecoles et des Universités.
La CNJE en chiffres
Date de création : 1969
Réseau : 76 villes en France
Nombre de J.E. : 140
Étudiants administrateurs : 1600
Étudiants intervenants : 11600
Étudiants potentiels : 212 000
Missions réalisées en 2008/2009 : 2280
CA cumulé : 7 M€
Junior-Entrepreneur un jour, Junior-Entrepreneur toujours !
Une récente enquête menée auprès des Junior-Entrepreneurs et d’anciens membres aujourd’hui en poste en entreprise a donné quelques éléments d’analyse à la CNJE. Entre mythe et réalité, retours sur ceux qui en parlent le mieux…
Valorisation de l’expérience J.E. dans les parcours professionnels :
- 40 % des J.E. en activité pensent la valoriser lors de leurs futurs entretiens, au même titre que leurs autres stages en entreprise.
- 90 % des anciens J.E. affirment l’avoir valorisée au cours leur recherche d’emploi.
Intérêt des recruteur s face à l’expérience J.E. :
- 75 % des J.E. en activité estiment que ce devrait être une expérience suscitant l’intérêt.
- + de 80 % des anciens J.E. ont été interrogés sur ce point en entretien.
Connaissance des J.E. au niveau des recruteurs :
- 70 % des J.E. en activité jugent insuffisant le degré de connaissance des J.E. et leurs missions. 70 % des anciens J.E. ont fait le même constat lors de leurs parcours.
Effet positif de l’expérience J.E. dans l’acquisition d’un poste :
- + de 96 % des J.E. en activité estiment que cette expérience devrait faire la différence lors de l’embauche.
- près de 80 % des anciens J.E. affirment, qu’à compétences égales, l’expérience J.E. a favorisé leur candidature.
Les J.E. et le réseau :
- 96 % des J.E. en activité espèrent pouvoir bénéficier du réseau des anciens dans le cadre de votre vie professionnelle.
- 45 % des anciens J.E. ont construit un réseau professionnel qu’ils entretiennent encore aujourd’hui à travers l’expérience J.E. |