Etre ou ne pas être...???
Faire ou ne pas faire le clown, c’est aujourd’hui la question ? C’est si bon de provoquer le rire chez l’autre, encore mieux d’apprendre à rire de soi, de se découvrir en jouant. |
Entre la personne et le personnage. Le clown surgit dans cet entre-deux où quelque chose nous échappe, nous surprend et déclenche alors le rire. Le clown advient dans ce lâcher prise en conscience, favorisé par l’engagement corporel et ludique. C’est un travail d’éveil, d’amplification des différentes facettes de soi même, de mises en lumière d’instant en instant dans le miroir du regard public. Il s’agit d’y apprivoiser le vide, retrouver l’émerveillement de l’enfant et la jubilation, de surfer sur les vagues émotionnelles qui vous emmènent à l’endroit où la chute fait sens.
Tout se joue dans l’ici et maintenant, dans la relation entre lui et ses partenaires, entre lui et le public. Il n’y a pas de passé ni de futur. Le primordial, c’est la situation actuelle, ici et maintenant sur la scène qui à tout moment peut permettre l’inattendu, la rupture qui nous sort de l’histoire prévisible.
D’abord dire « OUI » à ce qu’il ressent, accepter totalement l’univers qui se présente à lui par ses partenaires et son public. C’est un « oui de construction » qui va permettre l’émergence d’une relation, d’une forme porteuse de sens et d’énergie. Ceci étant posé, le « non » peut alors advenir et renforcer le jeu quand justement ce n’est pas du refus de jeu. C’est-à-dire, quand les partenaires sont suffisamment en accord pour jouer le désaccord, la tension riche de rebondissement.
Contrairement au comédien qui reste dans la bulle théâtrale, dans l’histoire, le clown est en présence du public qui le ramène à lui-même, ici et maintenant, même si son imaginaire le porte à mille lieux de là. Il reprend bien vite contact avec le public avec lequel il est complice. Il le prend à témoin de ce qu’il lui arrive. Cette relation est espace de don mutuel, d’échange d’énergie. |