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Sylvestre 1er fut pape de 314 à 335, pendant le règne de l’Empereur Constantin 1er qui instaura la tolérance du christianisme au sein de l’Empire romain. Sylvestre fut donc l’un des premiers saints canonisés sans avoir subi le martyre. Toutefois, son autorité fut éclipsée par celle de Constantin et il n’assista pas au synode d’Arles en 314, ni au concile de Nicée en 325, convoqués par l’Empereur. Il n’empêche que, avec ou sans lui, c’est sous son pontificat que l’autorité de l’Eglise fut établie et que furent construits les premiers monuments chrétiens : l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, les basiliques de Saint-Jean-de-Latran, Saint-Laurent-Hors-les-Murs, Saint-Paul-Hors-les-Murs, et la première basilique Saint-Pierre à Rome, ou encore les églises des Saints-Apôtres et de Sainte-Sophie à Constantinople. Sylvestre intervint pour le mobilier liturgique et les ornements. Il aménagea aussi les catacombes. Il eut la tâche d’organiser l’Eglise dans une société enfin pacifiée.

Deux historiens chrétiens de l’époque romaine, Eusèbe de Césarée et Lactance, attribuent la conversion de Constantin à une vision qu’il aurait eue juste avant la bataille du Pont Milvius où il triompha de Maxence en 312. Mais la tradition médiévale, véhiculée notamment par la Légende dorée, en donne une autre interprétation : l’Empereur était couvert d’une lèpre incurable, et c’est lorsque Sylvestre l’eut baptisé par immersion dans une piscine qu’il faut guéri de sa lèpre et comprit qu’il lui fallait défendre la foi chrétienne. Cet épisode est aussi raconté dans « la donation de Constantin », texte apparu au IXe siècle et accordant au Pape Sylvestre le pouvoir sur l’Occident. Le caractère apocryphe et sans valeur de ce texte est établi et admis par l’Eglise. Ce qui n’empêcha pas d’attribuer à Sylvestre d’autres miracles, comme celui par exemple d’avoir ressuscité un taureau et dompté un dragon.
Silvestre ou Sylvestre était Romain. Il était fils du prêtre Rufin. Sa mère, Justa, confia son éducation au prêtre Cyrinus. Courageux, Sylvestre hébergea un chrétien d’Antioche, Timothée, qui après avoir fait beaucoup de conversions fut décapité sur l’ordre du préfet de la ville, Tarquinius. Sylvestre emporta le corps du martyr et avec le Pape Miltiade, l’ensevelit non loin du tombeau de Saint Paul. Le préfet Tarquinius fit alors arrêter Sylvestre. Il le somma de livrer les biens de Timothée et de renier sa foi. Sylvestre refusa et fut emprisonné. Il fut libéré après que Tarquinius se fut étranglé avec une arête de poisson et le Pape Miltiade l’ordonna prêtre.
Elu à la succession de Miltiade, Sylvestre, trente-troisième pape, occupa le Saint Siège pendant près de vingt-deux ans, de 314 à 335. Il est surtout connu pour son combat contre la doctrine d’Arius de Constantinople qui niait la nature divine de Jésus.
Sylvestre est mort le 31 décembre 335 et il fut enterré dans le cimetière de Sainte-Priscille sur la via Salaria.
En réalité ce saint a peu à voir avec la fête du Nouvel An, mis à part son nom. Certains historiens avancent que ce saint fut choisi uniquement pour son nom qui évoque la forêt. En effet, dans l’Antiquité, la nature était très importante dans les symboliques et traditions héritées.
En Occident, il est de coutume de fêter le Nouvel An par un banquet la veille, c’est-à-dire le 31 décembre : c’est le réveillon de la Saint-Sylvestre. Ce repas comprend généralement du foie gras et du champagne pour qui en a les moyens et d’autres mets tout aussi délicieux et plus abordables pour d’autres. A celui-ci, les fêtes mêlent danses et lancers de cotillons, boules et rubans de papiers. Traditionnellement, à minuit, on se souhaite une bonne année en s’embrassant sous le gui. Puis, on offre les étrennes, cadeaux de la nouvelle année.
Quand on parle des étrennes, on ne peut se dispenser de remonter, non pas aux Grecs, mais aux Romains, inventeurs de cet usage. Dans l’histoire romaine, le premier à nous parler de cette coutume est Symmachus, auteur ancien, qui nous rapporte qu’elle fut introduite sous l’autorité du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la « verbène », de la verveine, du bois sacré de la déesse Strenia, « pour le bon augure de la nouvelle année ». Y avait-il quelque chose de divin dans la « verbène », ou faisait-il allusion au nom de la déesse Strenia, dans les bois de laquelle provenait cette « verbène ». De plus, y a-t-il confusion avec le mot « strenuus », qui signifie « vaillant » et « généreux ». Cependant le mot « strena » qui signifie « étrenne » se trouve parfois écrit « strenua » chez les Anciens, pour témoigner que c’était proprement aux personnes de valeur et de mérite qu’était destiné ce présent.
WATERHOUSE - La déesse Strenia
Après cette époque, il devint d’usage de faire présents de figues, de dattes et de miel, comme pour souhaiter aux amis qu’il leur arrivât que des choses agréables et douces le reste de l’année. Ensuite, les Romains, laissant là ces présents simples, changèrent leurs dieux de bois en dieux d’or et d’argent et les présents se firent plus coûteux. Et on commença à s’adresser des pièces de monnaie et des médailles d’argent, trouvant que les présents des siècles précédents avaient été bien simples, et qu’on était bien naïf de penser que le miel fût plus doux que l’argent, comme Ovide le fit agréablement dire à Janus, dieu qu’on représentait avec deux visages, l’un devant et l’autre derrière, comme si l’un regardait l’année passée et l’autre celle à venir.
Janus
De nos jours de nombreuses villes à travers le monde célèbrent la nouvelle année en organisant des feux d’artifice et le 1er janvier, premier jour de l’année, est dans de nombreux pays un jour chômé.
Comment fête-t-on la Saint-Sylvestre dans le monde ?
En Allemagne, on fête le réveillon de la Saint-Sylvestre, ou Silvester, entre amis. A minuit, il y a partout des feux d’artifices et des pétards. A l’origine le bruit était censé faire fuir les mauvais esprits. Aujourd’hui, c’est plus l’accueil de la nouvelle année. Souvent on interroge aussi l’avenir en fondant du plomb qu’on jette dans de l’eau, puis il faut essayer d’interpréter la forme obtenue. A minuit la radio ou la télévision est allumée pour écouter les cloches de minuit et se souhaiter une bonne année avec du champagne. Mais régulièrement, des voix s’élèvent contre le gaspillage de l’argent investi dans les feux d’artifice.
Dans le nord de l’Allemagne, on fête le « Rummelpott » en ce soir de la Saint-Sylvestre. Les enfants dans les villages se déguisent et vont d’une porte à l’autre. Ils chantent des chansons particulières en « Plattdeutsch », « l’allemand bas ». Il est coutume de se souhaiter « Guten Rutsch » (bonne glissade) avant le passage à la nouvelle année.
En Belgique, dans la province de Liège, il est de tradition de manger de la choucroute en famille, avec une pièce sous l’assiette, ou dans la main, ou dans la poche, pour avoir de l’argent pendant toute l’année.
En Espagne, les femmes s’offrent des sous-vêtements rouges. Autrefois, chez les Musulmans espagnols, les Morisques, et particulièrement dans la région de Grenade et dans les Alpujarras, on mangeait une grenade aux douze coups de minuit. De nos jours, les célébrations du Nouvel An « Nochevieja » ou « Fin de Ano » commencent habituellement avec un dîner familial, comprenant des crevettes et de l’agneau ou de la dinde. Le compte à rebours est suivi sur l’horloge du building de la Casa de Correos au square de la Puerta del Sol à Madrid. Il est de tradition de manger douze grains de raisin, un à chaque coup de minuit sonnant au carillon. Cette coutume remonte à 1909, lorsque les vignerons d’Alicante pensèrent que ce pourrait être un moyen de remédier au surplus de production de cette année-là. De nos jours, la tradition est suivie par à peu près tous les Espagnols et les douze grains de raisin sont devenus inséparables du Nouvel An. Après le douzième coup de minuit, les gens se congratulent et portent des toasts avec du vin pétillant comme le cava et le champagne, ou avec du cidre. Après le dîner en famille et les douze grains de raisin, beaucoup de jeunes gens se rendent aux fêtes du Nouvel An dans les pubs, les discothèques et autres. Ces fêtes sont appelées « cotillones de nochevieja », du mot espagnol « cotillon » qui désigne les accessoires de fête tels que les confettis, les langues de belle-mère, les chapeaux… Les fêtes durent habituellement jusqu’à l’aube et peuvent réunir plusieurs milliers de personnes dans les grands hôtels. Tôt le matin, les fêtards se réunissent pour le traditionnel petit déjeuner composé de « chocolate con churros », chocolat chaud et beignets.

En Italie, à Naples, on accueille la nouvelle année par une coutume particulière, le soir du 31 décembre. Cette tradition consiste à jeter par la fenêtre de vieux objets, symboles de l’année terminée. Ainsi meubles, vaisselle, vêtements… prennent le chemin de la rue au grand malheur des éboueurs qui doivent passer la nuit à nettoyer les rues. Mais il faut préciser que cette tradition tend à disparaître car elle présente certains dangers pour les passants. Dans toute l’Italie, le jour du Nouvel An est appelé « Capodanno » et les Italiens ont coutume de manger des plats spéciaux qui sont réputés apporter richesse et abondance. Ce sont des plats à base de graines, comme des plats de lentilles, des brioches contenant des grains de raisins de Corinthe, le Panettone, des gâteaux enrobés de miel. Il faut également que treize fruits soient offerts au dessert.

Au Royaume-Uni, un Anglais pour vous porter chance devra passer le seuil de la maison après minuit avec une pièce de monnaie, symbole de richesse, du charbon pour la chaleur, et du sel pour la nourriture. En Ecosse, la tradition est la même à l’exception du sel qui est remplacé par le black brun, sorte de pudding, et la bouteille de whisky qui l’accompagne.
En Australie, du fait des fuseaux horaires, Sydney est après Auckland en Nouvelle-Zélande, la seconde grande ville à célébrer le nouvel an. Avec des foules très supérieures à 1,2 millions de participants, Sydney abrite probablement les célébrations les plus importantes au monde, après Rio de Janeiro (2 millions de personnes sur la plage de Copacabana) et avant New York et Londres. Cette ville portuaire bénéficie à cette époque de l’année d’un été chaud et d’un remarquable amphithéâtre naturel. Plus de 80 000 feux d’artifices sont traditionnellement mis à feu depuis le Harbour Bridge et quatre emplacements alignés sur six km le long du port de Sydney. L’événement peut être vu à 16 km à la ronde et attire en moyenne 300 000 touristes étrangers chaque année. La parade des lumières du port ajoute au spectacle avec ses bateaux illuminés qui croisent toute la nuit au centre du port.

Au Brésil, la nuit du nouvel an, « Véspera de Ano Novo », est une des fêtes les plus traditionnelles. Dans toutes les villes, on tire des feux d’artifices à minuit et on fait des spectacles musicaux. La fête la plus célèbre est celle de la plage de Copacabana à Rio de Janeiro. La ville de Sao Paulo organise la course de la Saint Sylvestre « Corrida da Sao Silvestre » à travers les rues entre l’avenue Paulista et le centre ville. Des athlètes du monde entier, et même des champions olympiques, y participent.
Au Canada et au Québec, on se réunit en famille, avec oncles, tantes, cousins… et la musique traditionnelle du Jour de l’an. Ce sont des musiciens qui jouent de la musique avec de l’accordéon ou de la guitare.
A 23 h 59, on arrête la musique et on commence le décompte du Jour de l’an. La musique reprend ensuite et on sert le lunch vers 1 heure aux « fêteux » qui sont encore là et la soirée se termine vers 3 h, selon les familles.
En Equateur à l’occasion des célébrations de « l’Ano Viejo », les Equatoriens brûlent des pantins faits de bois, de papier journal et de chiffons, garnis d’artifices pyrotechniques. Ces personnages représentent symboliquement les détritus de la vieille année et font souvent référence à des événements de l’année écoulée mettant en cause des politiciens détestés, des références de la culture populaire…

Aux Etats-Unis : Times Square, à Manhattan, est l’endroit où les New-Yorkais se réunissent pour célébrer le passage à la nouvelle année. Le réveillon du Jour de l’an (New Year’s Eve) est une fête importante. Depuis un siècle, la chute de la boule depuis le sommet du n° 1 Times Square à New York est l’une des principales composantes des cérémonies, retransmise en direct à la télévision. La boule de cristal, qui mesure deux mètres de diamètre et pèse une demie tonne, commence à descendre à 23 h 59 et atteint le sol au pied de la tour à minuit. On la surnomme parfois « la grosse pomme », comme la cité elle-même. Cette coutume dérive d’un signal utilisé autrefois pour indiquer minuit dans les ports. De 1982 à 1988, la cité a fait descendre une gigantesque pomme en référence à son surnom. La chanson « Auld Lang Syne » est traditionnellement chantée à minuit. Plusieurs communautés religieuses ont pour habitude de célébrer une veillée à la veille du Nouvel An. Les fidèles se rassemblent pour l’office dans la soirée et continuent après minuit. Ils remercient pour les bénédictions de l’année écoulée et prient pour l’année à venir. Cette pratique a probablement pris naissance dans la communauté afro-américaine avant d’être adoptée par John Wesley, le fondateur du Méthodisme. Cette veillée prit une signification particulière pour les afro-américains en 1862, alors que les esclaves attendaient avec impatience leur émancipation, fixée au 1er janvier 1863 par la Proclamation d’Emancipation. Cette nuit particulière est depuis connu sous le nom de « nuit de la liberté ». A travers les Etats-Unis, de nombreuses autres villes célèbrent également l’événement d’une manière un peu similaire en faisant descendre toutes sortes d’objets symboliques pendant le compte à rebours, avant le déclenchement du feu d’artifice. Depuis une initiative de Boston en 1976, une soixante de villes célèbrent aussi à cette occasion la « première nuit » : une fête de famille sans alcool.
A Hong Kong, les gens se réunissent habituellement à Central, à Causeway Bay et sur le port de Tsim Sha Tsui pour admirer les illuminations des buildings le long du port. Pour le compte à rebours vers la nouvelle année, ils se rassemblent à Times Square et à Ocean Terminal.

Et
BONNE ANNEE 2010
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