Il s'agit alors de concilier les exigences de rentabilité à court terme, avec les exigences de sécurité des biens et des personnes visant à réduire les risques, sur le plan environnemental, social, économique, générés par l'activité de l'entreprise sur un plus long terme, pouvant affecter ses parties prenantes (voir Responsabilité sociale des entreprises).
Dans certains groupes industriels dont les activités présentent des dangers et donc des risques technologiques avérés ou plausibles, la sécurité industrielle se focalise alors, au sens strict, sur l'analyse de ces risques et sur leur maîtrise.
Organisation des Entreprises
Dans les groupes ou sociétés industrielles dans laquelle la sécurité industrielle est identifiée comme un facteur de risque pour la pérennité de l'entreprise, il existe généralement une entité (direction, département,..) dépendant directement de la direction générale chargée de cette problématique.
La sécurité industrielle est de plus en plus complexe, en raison des interactions croissantes des groupes humains, avec les facteurs culturels associés, et des interconnexions techniques (systèmes de contrôle industriels, réseaux de télécommunications...), comme on l'a vu lors de différentes catastrophes.
Référentiels de sécurité industrielle
Il est nécessaire de définir un référentiel comportant les règles générales de sécurité, permettant de concevoir des filières intégrées.
En Europe, il existe une « Règlementation ATEX » et des Directives concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux machines auxquelles les industriels produisant des machines ou des systèmes de sécurité doivent se conformer.
Effets domino
La défaillance d'un composant peut se propager sur des composants voisins (effet domino), de sorte que la sécurité industrielle doit aujourd'hui être envisagée au travers de l'interopérabilité des systèmes, qui comporte une composante de sécurité informatique très importante.
La sécurité dans l'industrie chimique implique l'ensemble du cycle de vie des différents produits manufacturés :
- En amont, les matières premières (pétrole,...),
- La chimie proprement dite (élaboration des produits chimiques,
- En aval, les produits finis.
La directive REACH comporte des exigences de sécurité, qui sont matérialisées dans des fiches de données de sécurité.
Focus sur L’ICSI
L’ICSI, c’est l’institut pour la culture de la sécurité industrielle
L'analyse des causes des accidents et incidents graves, dans des installations de plus en plus complexes, démontre que, pour une part minoritaire, elles sont d'origine technique (conception, équipements) et pour une forte majorité d'origine organisationnelle ou comportementale, facteurs communs à toutes les entreprises quelle que soit leur branche d'activité.
La réglementation, qui s'est diversifiée, ne suffit pas. Les progrès en sécurité industrielle ne peuvent venir que des entreprises elles-mêmes à l'intérieur desquelles doit se développer une culture de la sécurité.
Une culture de la sécurité passe nécessairement par une approche pluridisciplinaire englobant de manière systémique toutes les dimensions du risque industriel : évolutions technologiques, rôle du facteur humain, dimensions économique, juridique, managériale, organisationnelle et sociale dans l'entreprise. Mais ces facteurs internes à l'entreprise doivent être complétés par les aspects relationnels avec l'extérieur de l'entreprise nécessitant une analyse globale des concepts de «tolérabilité» du risque et des modes de concertation entre les entreprises, les élus et la société civile.
Une culture de sécurité doit donc non seulement imprégner l'ensemble des acteurs de l'entreprise mais aussi se développer à proximité des sites industriels pour faciliter le dialogue entreprise-société civile pour examiner les conditions d'une cohabitation durable. L'ICSI a un rôle important à jouer.
L'ICSI a trois objectifs:
- rechercher, pour une meilleure compréhension mutuelle et en vue de l'élaboration d'un compromis durable entre les entreprises à risques et la société civile, les conditions de la pratique d'un débat ouvert prenant en compte les différentes dimensions du risque;
- contribuer à l'amélioration de la sécurité dans les entreprises industrielles de toute taille, de tous secteurs d'activité, par la prise en compte du risque industriel sous tous ses aspects;
- favoriser l'acculturation de l'ensemble des acteurs de la société aux problèmes des risques et de la sécurité.
Par sa vocation à fédérer des entreprises de tailles et d'activités diverses, des équipes de recherche et des spécialistes (français et étrangers), des élus, organisations syndicales, associations, l'ICSI est un carrefour entre trois systèmes : l'industrie, la recherche académique et le pole citoyen qui peuvent ainsi collaborer. Ce positionnement très innovant confère à l'ICSI :
- un potentiel original d'amélioration du couplage de la recherche industrielle et de la recherche académique;
- une capacité à faciliter le débat citoyen par une conception de formations et d'une éducation aux risques pour les élus et les citoyens leur permettant de jouer dans l'avenir un rôle encore plus actif.
Le rassemblement de personnes ayant des vécus et des points de vue différents renforce l'efficacité des réflexions sur les retours d'expérience en permettant de prendre en compte l'ensemble des paramètres, condition nécessaire au développement d'une culture de sécurité. L'ICSI est, pour l'ensemble de ses adhérents, l'opportunité d'une large ouverture à des entités et personnalités couvrant les différents domaines inhérents à la sécurité industrielle, l'accès à une formation de qualité et à une recherche diversifiée, d'autant plus efficaces qu'elles peuvent être mutualisées. Cherchant à fédérer des compétences, l'ICSI collabore avec des centres de formation dans diverses régions de France, avec des Ecoles et des Universités (notamment pour les mastères), avec des équipes de recherche du CNRS, de l'INERIS, d'Universités européennes, avec d'autres associations ayant un objectif similaire. |