La tapisserie est considérée comme un art à part entière

La tapisserie se classe dans les arts décoratifs. Ce peut être une œuvre tissée sur un métier à tisser hautes-lices ou basses-lices, ou, brodée avec ou sans métier. On distingue donc tapisserie "de lices" et tapisserie "aux points". En tapisserie tissée celui qui effectue le travail s'appellent "licier" ou "lissier" (les deux orthographes sont admises).

Que ce soit des tapisseries de lices (lisses) ou "aux points d'aiguille", on crée un carton, qui est l'ébauche en dimensions réelles de la tapisserie. Le carton n'est pas à confondre avec une peinture mais il peut être peint. Certains cartonniers travaillant le plus souvent pour d'importante manufacture à caractère commerciale sont spécialisés dans cette ébauche; Dans ce cas le cartonnier n'est généralement pas reconnu comme "artiste peintre".

Néanmoins l'exécutant de la tapisserie peut être aussi l'artiste qui a créé le carton. Ainsi des peintres ou des artistes en d'autres domaines ont souvent créé leurs propres cartons pour tapisseries et les ont donnés à réaliser soit à des manufactures de tapisseries, des artisans liciers, soit à des façonniers en tapisseries aux points d'aiguille, soit encore les ont eux mêmes réalisées par l'une ou l'autre des deux techniques.

Les deux techniques d'exécution de la tapisserie de lices sont utilisées par plusieurs centres de productions : manufacture des Gobelins à Paris, Tapisseries d'Arras anciennement appelées « Arrazo », tapisseries d'Aubusson, tapisseries de Beauvais, et en Belgique, la Manufacture royale de tapisserie De Wit, à Malines et Chaudoir, à Bruxelles. Audenarde ainsi que Grammont (Geraardsbergen) et Enghein, sont mondialement connus pour les Verdures, (tapisseries d'Audenarde de Grammont et d'Enghien). Sur le site web de la ville d'Audenaerde est fournie une présentation des techniques de restauration. Cette activité joua un grand rôle dans l'histoire de la ville.

La tapisserie aux points d'aiguille (aujourd'hui le plus souvent sur canevas mais à l'origine il s'agissait plutôt d'une toile grossière) est connue depuis des temps immémoriaux. D'ailleurs l'aiguille ne fut elle pas le premier outil ayant servi à confectionner un entremêlement de fils ? Le principal point commun avec la tapisserie tissée (sur métiers manuels ou mécaniques) est l'utilisation des fils de couleurs pour représenter le sujet ou la scène sur toute la surface de la tapisserie.

Bien que généralement destinée à des œuvres de moindres dimensions que la tapisserie de lisse, la tapisserie au point a permis la réalisation d'œuvres grandioses telles des cloisonnements de lits princiers, voire des tentures murales. Toutefois la technique du point d'aiguille étant assez souvent une pratique de salon, c'est avec des ouvrages de taille plus modeste qu'elle s'est réellement épanouie. Ainsi les dessus de sièges réalisés au petit ou gros point sont, dans tous les châteaux et musées, très largement répandus.

La destination la plus répandue de la tapisserie aux points fut et est encore de nos jours la tapisserie pour dessus de sièges.

La tapisserie au Moyen Âge.

La tapisserie au Moyen Âge est relativement méconnue si on la compare à la place qu'elle prend dans nos sources. En effet, un grand nombre de tapisseries sont parvenues jusqu'à nous directement. Elles sont parfois grandioses (tapisserie de l'Apocalypse d'Angers, la Dame à la licorne conservée au musée de Cluny, la tenture de David et Bethsabée conservée à Ecouen), souvent plus modestes. De plus, les inventaires des puissants, laïcs et ecclésiastiques, font état de nombreuses tapisseries, qui représentaient de coûteux investissements. Celles-ci, parfois tissées de fil d'or et d'argent, étaient bien plus que de simples objets d'ameublement. Elles pouvaient constituer une réserve de capital, un cadeau diplomatique ou encore de mariage. Elles étaient également des objets d'ostentation, déployées dans les demeures des grands ou à l'occasion de cérémonies publiques.

Les tapisseries jouaient également un rôle dans l'imagerie religieuse : en 1025 à Arras se réunit un concile qui prit la décision de développer les images, la décoration, afin de cultiver un peuple illettré sur la religion et la politique. De ce fait les évêques vont commander plusieurs tableaux et tapisseries représentant la vie du Christ et des saints aux artistes, ce qui embellira les églises et cultivera davantage le peuple. On peut citer l'exemple de la tenture de Saint Étienne, commandée par l'évêque d'Auxerre pour le chœur de sa cathédrale vers 1500.

Il n'est pas toujours aisé de retrouver l'atelier d'origine d'une tapisserie médiévale. On sait cependant que si Paris tenait une place importante dans la production, la première région était l'Europe du Nord, et en particulier la Flandre et les Pays-Bas. Arras était si réputée qu'elle donne son nom au mot italien signifiant tapisserie (arazzi). Bruges et Bruxelles étaient également des centres de production qui fournirent toute l'Europe. La fabrication était apparemment coordonnée par de grands entrepreneurs qui mettaient en relation commanditaires, ateliers et fournisseurs de matière première (par exemple, Nicolas Bataille à Paris qui fournit au duc d'Anjou la tenture de l'Apocalypse).

Enfin, l'art de la tapisserie est aussi le témoin de l'art des peintres qui réalisaient les cartons préparatoires. C'est donc un aspect essentiel de l'histoire de l'art au Moyen Âge.

La tapisserie contemporaine

Des artistes contemporains créent des cartons pour qu'ils soient réalisés en tapisserie.

On parle alors d'artistes cartonniers qui, le dessin effectué sur une commande ou un travail personnel, font exécuter leurs œuvres par des liciers de manufactures de tapisseries comme celles d'Aubusson. On peut citer Jean Lurçat, Jean Picart le Doux, Adam, Loewer, Le Corbusier, Calder, Jacques Lagrange, Enrico Accatino, Marc Petit, Nicolas de Staël, Serge Poliakoff, Charles Lapicque, Lanskoy, Linder, Alberto Magnelli, Michel Seuphor, Zadkine, Élie Grekoff, Debré, Georges Chazaud.

A l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles et à l'Académie des Beaux-Arts et des Arts décoratifs de Tournai, il existe toujours un atelier de tapisserie où les étudiants-artistes peuvent profiter de métiers hautes-lices et basses-lices pour leur propre création.

Un spécialiste tapissier, pour des créations sur mesure :
L'ATELIER DU DECOR : www.decoration-interieur-paris-75.com


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