Interdépendance et échange…

L’interdépendance est un concept bouddhiste pour parler du fait que toutes les choses sont en interactions et dépendent des autres pour exister. Un échange est positif si les deux parties y ont un avantage, il est neutre si cela ne change rien pour les deux parties, et il est négatif s'il est désavantageux pour les deux parties. Il est déséquilibré si les deux parties n'y ont pas le même avantage.

Les limites de l’autarcie

Pour survivre, un homme a besoin d'un toit pour se protéger et dormir, de vêtements, et de nourriture. Les outils qu’il fabrique lui permettent de  produire et de se défendre. En totale autarcie, il a finalement très peu de besoins. Ce peut être un anachorète, retiré dans le désert, se contentant du minimum pour se consacrer à l'essentiel : une recherche spirituelle ou peut-être un refus de «jouer le jeu du monde»

L’interdépendance

Cependant, à partir du moment où l'homme commence à vivre au sein d’un groupe, à fonder une famille, à avoir des enfants, à jouer un rôle social, il découvre qu’il ne peut satisfaire seul tous ses besoins. Il peut devenir un bon potier mais pendant qu'il fait de la poterie, il ne peut pas aller à la chasse. Or s'il ne va pas à la chasse, que mangera-t-il ?

Depuis toujours, l’homme utilise son temps de trois façons.

  1. Il produit des choses et souvent en collaboration avec les autres. Ce qui représente sa vie sociale.
  2. Il s’occupe de lui, des siens ; Ce qui représente sa vie privée.
  3. Et enfin il dort.

Et ce suivant une clé de répartition assez simple. Un tiers pour chaque partie.


 

L’entraide, l’échange et le partage procèdent d’une démarche naturelle facilitant la survie. Tandis que l'un fait des pots, l'autre va à la chasse, et ils échangent pots contre gibier. Au delà du troc nous avons le principe universel de l’interdépendance. Depuis les débuts de l'humanité, il est évident que l'homme ne peut survivre seul, sauf cas exceptionnels, et pour de courtes durées.
En d'autres termes, l'homme est fondamentalement un être social qui, très naturellement, partage les tâches avec d’autres, et chacun fait en sorte d'apporter une certaine valeur ajoutée qu'il peut échanger contre des biens et des services. L’entreprise des temps modernes croit-elle pouvoir échapper à cet héritage fonctionnel qui sous-tend notre structure sociale ?
Les potiers se constituent en guilde, se transmettent de génération en génération les connaissances acquises et gardent jalousement leurs secrets de fabrication. Aujourd’hui, plus que jamais, nous les protégeons auprès de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle)
Mais alors qu’est-ce donc que l’autonomie ? Une définition positive et sans ambiguïté permet d'affirmer qu’elle résulte d’une interdépendance réussie. L’autonomie est indissociable de la responsabilité et de la positivité.

La loi d’échange

Nous avons instauré le système de l'argent pour faciliter les échanges. Mais fondamentalement, celui-ci repose sur une loi essentielle, qui est celle de la recherche de l’équivalence.
La préparation du passage à la monnaie unique tourne essentiellement autour de la qualité de l'échange : respecter au mieux les équivalences. Et nous allons chercher cette équivalence 4 chiffres après la virgule ! C’est dire que l’on tient à ce que les choses soient justes au 1/1000e près. Vous noterez que le symbole de la balance d’un côté pèse les choses et de l’autre recherche l’équilibre. Cet équilibre est devenu l’un des plus puissant symbole de justice !"Rien ne se perd, tout se transforme" toutefois les échanges doivent se montrer strictement équivalents.
Ceci nous amène à un principe fondamental, qui s'applique à tous les domaines, affaires, vente et, d'une façon plus générale, aux relations humaines.

Equilibre et réciprocité

Les relations humaines sont en harmonie tant que l'échange est respecté. La nature humaine a tendance à chercher à compenser, dès lors où il y a eu non respect de l'équivalence. La plupart des problèmes, qui existent dans ce monde, viennent du fait qu'il n'y a pas un échange juste. Un déséquilibre existe dans l'échange, lorsque, par exemple, une majorité de personnes travaille pour satisfaire les besoins d'une minorité sans pouvoir profiter des richesses qu'elle crée. Un trop grand déséquilibre dans l’échange crée les conditions d'une révolution. L’histoire est émaillée d’exemples aussi instructifs que sanglants.
Exiger beaucoup de quelqu'un et lui donner peu en retour crée automatiquement un déséquilibre, source de conflit.
Inversement : Donnez sans un échange en retour crée automatiquement un déséquilibre, source de conflit. Ce corollaire semble plus rare en apparence mais l’assistanat en est l’illustration parfaite.

 « Apprendre à pêcher à celui qui demande du poisson ». "Proverbe chinois"

La violation de cette loi crée automatiquement des tensions. Tout l'art de la sagesse consiste à maintenir l’équilibre entre les différentes zones de besoin, à établir des correspondances, des équivalences, qui garantissent la qualité de cet échange.
N'importe quelle crise politique dans n'importe quelle région du monde sous-tend à la base la violation de la loi d’échange. Toujours !
Observons sous cet angle le communisme, les dictatures et notre bon vieux capitalisme qui semble mieux tenir le choc que le communisme, rendu impuissant par sa volonté d’égalitarisme forcené et illusoire. Le capitalisme, qui ne peut fonctionner sans la liberté paraît plus attrayant que tous les autres régimes. Pourtant trop de pouvoir semble faire oublier les principes de base de la plus belle idée que l’homme n’ait jamais eue : la démocratie. Tout le jeu consiste à transformer la compulsion de l’homme à s’exploiter plutôt qu’à se servir. L’exploitation de l’homme par l’homme est un cercle vicieux qui épuise alors que se mettre au service les uns des autres libère le meilleur de l’homme.

«Gagnant-gagnant»

Le principe «gagnant gagnant» ou «win win» est un très vieux principe. Tous les sages de tous les temps ont toujours loué et proclamé la vertu de ce principe. Dans la vente, il s'avère d'une efficacité extraordinaire.
Laissons le fondateur du judo, maître JIGORO KANO exprimer ce principe :
« Avoir non seulement pour but notre réussite mais aussi celle de l’autre, qui d’adversaire devient notre « partenaire » associé à une prospérité mutuelle.»

Extrait de Judo Ecole de vie - Maitre Lazarin 5e dan

Rappelons que l’amitié, qui signifie faire avancer l’autre, est l’une des huit valeurs fondamentales du judo. N’est-ce pas l’essence et la finalité même d’une relation acheteur/vendeur ? Malgré les apparences, les grands vendeurs l’expriment également de cette façon. Zig ZIGLAR, un maître dans ce domaine y consacre tout un chapitre de son livre intitulé « Les secrets pour conclure la vente. »
Donnons maintenant la parole à Sun Tzu  dans l'Art de la guerre et cherchons le bon sens, base de toute sagesse qui se cache derrière ces mots.
« Le but de la guerre est de triompher dans les plus brefs délais, au moindre mal et moindre frais en vies humaines, en infligeant à l’ennemi le moins de pertes possible.  »

L’art de la guerre - "Sun Tzu'

En d’autres termes avoir pour objectif le minimum possible de destruction. Nous rejoignons en ce sens la définition de l’éthique.
Imaginons un peu ce qui se passerait si nous cherchions à appliquer ces principes en tant de paix ! Derrière ce principe se cache la loi de cause à effet.
« On sème ce que l’on récolte » « qui pêche par l’épée périra par l’épée »...

Toutes ces maximes expriment la même idée. Tout ce que nous pensons, disons et faisons, produit un effet dont l’écho nous revient immanquablement en intensité et en qualité. La bonne ou mauvaise réputation résulte de ce mécanisme.
Dès lors que l'on néglige ce principe gagnant-gagnant nous créons automatiquement des tensions qui conduisent inéluctablement à la rupture, à la soumission ou au conflit.

Le Statut

L’établissement du statut est une application directe de la loi de l'échange.
« Nous valons ce que nous donnons, ni plus ni moins. »
Nous n’aborderons pas la perversion d'un système qui récompense les gens qui passent leur temps à détruire les outils de production et la motivation des autres, et inversement pénalise ceux qui créent des richesses. A un tel degré de violation de ces lois essentielles, il va s’en dire que toute civilisation, société, entreprise et tout individu sera inévitablement confronté à des problèmes d'une gravité directement proportionnelle au niveau de violation de ces lois.

Marc ROUSSEL (extrait du vendeur Ethique éditions Lulu.com)

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