Virée pour avoir envoyé trop d'e-mails perso…

Envoyer des e-mails personnels depuis son lieu de travail peut conduire directement à la porte. Une jeune assistante de gestion travaillant pour une association en a fait l'amère expérience.

L'histoire est d'une banalité affligeante, elle se termine en drame pour cette femme d'une trentaine d'années. En 2007, son employeur, l'Association de gestion et de comptabilité du Maine-et-Loire scanne son parc informatique à la recherche d'un malware qui a compromis son système d'information. Le service en charge de ce problème remarque le nombre important de courriels expédiés par la salariée et que sa messagerie serait à l'origine de la contamination du Service Informatique.

Ni une ni deux, la femme est licenciée pour "utilisation abusive d'Internet sur son lieu de travail". Selon l'employeur, ce sont 156 e-mails personnels qui ont été envoyés en deux mois, soit plusieurs heures de travail "négligées". 156 courriers en deux mois représentent pourtant 4 courriels par jour travaillé. Ce qui n'a rien d'exceptionnel. Mais c'est déjà trop pour son employeur.
L'affaire est logiquement portée devant le conseil des prud'hommes d'Angers pour atteinte à la vie privée. L'employée explique en substance que cette correspondance était essentielle puisqu'elle était relative au décès de son compagnon. Une"conversation normale entre une fille et sa mère qui ne portait pas atteinte au bon fonctionnement de l'entreprise", explique son avocate qui précise que ces mails étaient échangés pendant les pauses alors qu'elle mangeait sur son poste de travail.
Réclamant 26.000 euros pour licenciement abusif, la salariée a été déboutée par le conseil il y a quelques jours. Ce dernier a estimé que l'entreprise n'avait pas porté atteinte à la vie privée de sa salariée puisqu'elle n'avait pas ouvert lesdits courriels. L'employeur n'a fait que constater le volume des e-mails envoyés et leur caractère personnel (en se basant sur le nom du destinataire).
Les prud'hommes soulignent que l'utilisation personnelle d'une messagerie professionnelle est tolérable mais reprochent à la plaignante la fréquence et le volume des courriels envoyés. Quelles sont les limites de cette utilisation ? Le conseil n'en dit pas plus créant ainsi une épée de Damoclès au dessus de la tête de nombre de salariés.
L'avocate a indiqué réfléchir à l'opportunité de faire appel.
4 courriels par jour travaillé, c'est déjà trop ! L’histoire ne dis pas de quelle façon cette employée était impliquée dans sa société, c’est bien dommage, il nous est donc difficile de comprendre comment le conseil des prudhommes, qui respecte la parité, a pu aboutir à une telle condamnation.

 


Lien vers HaOui :
www.haoui.com
Lien vers : historique des newsletters