L’extraordinaire découverte des neurones miroirs !...
La chronostratégie se fonde, entre autres, sur la capacité d’apprentissage des individus. Or, une découverte dans ce domaine, celle des neurones miroirs, pourrait avoir autant d’impact sur la psychologie que l’ADN en a eu sur la biologie. |

Rencontre avec le Pr Oughourlian – paru dans Nouvelles Clés n° 59 (septembre – octobre – novembre 2008)
Si vous pouvez entrer en relation avec autrui, c’est grâce à vos neurones miroirs. Sans eux, vous seriez psychotiques, ou pervers, incapables d’empathie. Sans eux, ni relation, ni culture, ni humanité. Un colloque sur le sujet a vu émerger une neuro-anthropologie du désir, où la liberté commence par les chemins de l’imitation.
Fait capital : c’est apparemment grâce aux neurones miroirs que notre appareil neuronal s’est structuré, pendant les deux ou trois premières années qui ont suivi notre naissance, par mimétisme de nos parents ou des personnes s’occupant de nous. Si, pour une raison quelconque, le processus mimétique ne se met pas en place au début de la vie d’un individu, celui-ci devient, presque à tous coups, psychotique : ne ressentant rien des sensations d’autrui, il ne pourra pas communiquer avec lui. Le neurone miroir serait donc littéralement à la base de l’empathie. De la relation. De la compassion. De la culture. Cette disposition du cerveau à imiter ce qu’il voit explique aussi l’apprentissage. Mais aussi … la rivalité. Car si ce qu’il voit faire consiste à s’approprier un objet, il souhaite immédiatement faire la même chose, et donc, il devient rival de celui qui s’est approprié l’objet avant lui !
Nos neurones miroirs sont mobilisés par la pression mimétique de l’entourage. Exemple frappant : les campagnes publicitaires sont des luttes acharnées entre marques voisines pour prendre possession, par la suggestion, des neurones miroirs des spectateurs. Les neurones miroirs agissent tout au long de la vie. Dans nos sociétés, c’est de façon « spontanée » que tout le monde fait la même chose.
Quid, alors, de notre liberté ?
Le Pr Oughourlian explique : un homme peut revenir au stade d’apprentissage qu’il a connu dans l’enfance, quand on lui montrait et qu’il imitait, tout en gardant paisiblement le modèle comme modèle, et se libérer de ce carcan de rivalité qui l’enferme dans la jalousie, l’envie, la violence. La sagesse consiste à finir par apprendre à désirer ce que l’on a, et non pas systématiquement ce que l’on n’a pas. Si l’on y parvient, on est non seulement dans la sagesse, mais également libéré.
Source : Edhova.
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