Quand discrimination rime avec religion…

 

S'appuyant sur l'article 180 du code civil, les magistrats ont considéré que la notion d' « erreur sur des qualités essentielles de la personne » s'appliquait à cette situation.
On a le droit de s'inquiéter de telles dérives qui pourraient aboutir à ce que le libre choix de disposer de leur corps soit ainsi dénié aux femmes, cette remise en cause pouvant alors trouver sa justification dans notre droit.

Il s'agit là à la fois clairement d'une atteinte à l'égalité des sexes, particulièrement discriminatoire à l’égard des femmes, puisque elles seules pourraient ainsi se voir reprocher leur comportement sexuel avant le mariage mais aussi une atteinte à la laïcité car la notion de virginité des femmes est ainsi sacralisée.
Une décision du tribunal qui fait honte aux principes républicains les plus élémentaires. Au-delà, la loi doit évoluer pour que la notion d'erreur sur les qualités essentielles ne puisse plus être évoquée en pareil cas.
De fait, la Chancellerie «n'a pas le souvenir» d'une annulation antérieure de mariage pour tromperie sur virginité. «Le sujet n'est pas la virginité, mais le mensonge, qui rompt le contrat entre les conjoints», a corrigé Xavier Labbée, avocat du mari. «Juridiquement je comprends la décision, a commenté Amar Lasfar, Recteur de la mosquée de Lille. Mais il n'est écrit nulle part dans le Coran que la mariée doit être vierge.» Inquiétude pour le sort des jeunes filles qui pourraient être répudiées sur le modèle de ce jugement…