Les cerfs-volants de Kaboul…

 

Les Cerfs-volants de Kaboul est tiré du premier roman de Khaled Hosseini, paru en 2003. Sorti dans douze pays, le livre a à chaque fois remporté un vif succès, en particulier aux Etats-Unis où il est resté un long moment numéro un des ventes. Khaled Hosseini en est un des premiers surpris : "Je suis toujours surpris par la façon dont les gens réagissent à mon roman, mais je pense que c'est le fait du très fort cœur émotionnel du livre. Les thèmes, la culpabilité, l'amitié, l'oubli, la perte, le désir de pardon et l'envie d'être meilleur ne sont pas des thèmes Afghans, mais des expériences simplement humains, en dehors de la couleur, de la culture ou de la religion."

Les producteurs William Horberg et Rebecca Yeldham avaient acheté les droits avant même le triomphe du livre, littéralement amoureux du roman : « C'était une des pièces les plus puissantes et les plus cinématographiques que j'ai lues. C'était magique. Nous étions tellement touchés que nous ne pouvions pas imaginer de ne pas faire ce film. »

Le romancier s'est beaucoup investi sur le film, conseillant sans cesse les scénaristes, participant au casting, et rassurant même le réalisateur. Khaled Hosseini déclare ainsi au sujet de Marc Forster : « J'étais très heureux d'entendre que Marc voulait faire un film aussi réaliste que possible, et montrer une culture qui n'avait jamais été vue auparavant. Il me parlait avec tellement de passion, d'intégrité, d'honnêteté du livre, et de sa peur de le trahir. Mais je n'étais pas inquiet, quand je voyais avec quel amour il était investi dans le film, en le voyant sur le plateau, j'ai vu qu'il avait énormément de talent. »

 
Khalid Abdalla

Le souci de réalisme sur le film a été constant. Le réalisateur s'est ainsi rendu à Kaboul à plusieurs reprises, de même que l'acteur Khalid Abdalla, qui a été jusqu'à parfaitement maîtriser la langue, qui lui était alors complètement inconnue: "Quand j'étais à Kaboul, je me suis laissé guider par le roman. J'ai cherché à retrouver tous les lieux, la culture, la nourriture de Kaboul, afin de voir à quoi ces choses ressemblaient, quelles saveurs elles avaient, quels sentiments elles provoquaient."

 
Amir et Hassnar

Le casting des deux enfants interprétant Amir et Hassnar a demandé beaucoup de recherches. Après avoir fait des dizaines d'essai, le réalisateur n'était toujours pas satisfait. Bien que parlant le Dari, les enfants avaient tous un accent anglais. La décision a alors été prise d'aller chercher un enfant directement à Kaboul. Après un premier casting, sélectionnant environ une cinquantaine d'enfant, le réalisateur a choisi lui même les deux enfants sélectionnés lors d'une partie de cerfs-volants. Zekeria Ebrahimi a ainsi été marqué par la guerre et l'évolution de Kaboul à titre personnel, y ayant perdu ses deux parents.

Afin de bien marquer la différence entre le Kaboul de 1970 et le Kaboul des années 2000, tout un jeu de couleurs a été utilisé : des teintes riches pour montrer la beauté des années 70, et des teintes les plus grises et ternes possible pour les temps actuels. La composition des plans a aussi été sujette à un travail particulier, comme l'explique le directeur de la photographie, Roberto Schaefer :"J'ai discuté avec Marc l'idée de n'avoir que de très peu de chose à l'écran. Lorsqu'Amir et Farid reviennent, il n'y a presque rien dans le cadre, pas de voitures... Cela créé l'impression immédiate d'une époque où l’on n’a pas le droit de jouer au cerf-volant, d'écouter de la musique ou de regarder la télévision. En quelques secondes, on comprend ce qui est arrivé à l'Afghanistan."

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