Il avait été nommé par Bernard Kouchner membre du « Comité d’orientation sur les questions européennes » en décembre dernier.
Il explique que Bernard Kouchner « veut imprimer une présence française, très marquante, très intéressante, très créative »... Il faut donner « l’image d’une France très moderne, utilisant les plus hautes technologies, non pas l’image du béret basque, mais d’une France d’avant-garde ».
Philippe Starck dit avoir déjà créé « plein de choses utiles » à cet effet, soit « dix à quinze objets », et il a aussi conçu des « événements », car « il va y en avoir énormément ».
Rappelons que le gouvernement français a prévu un budget de 190 millions d’euros pour sa présidence, alors que, le Royaume-Uni avait dépensé environ 13 millions d’euros lors de sa présidence il y a trois ans.
Philippe Starck, en personne, déclare, cette semaine, dans un supplément de l'hebdomadaire allemand Die Zeit que « d'un point de vue structurel, le design est totalement inutile ». Il va sans dire que le travail de cette star internationale du bel objet ne pèse pas non plus lourd dans la balance. « J'ai essayé de donner à mes produits un peu de sens et d'énergie. Mais même quand j'ai donné le meilleur de moi-même, c'était absurde », admet-il.
Ce n'est pas la première fois que l'homme s'interroge sur le sens de toute sa vie. On peut dénicher sur Internet, sur le site de partage de vidéos YouTube, son inoubliable prestation lors d'un cycle de conférences en 2007 en Californie.
Le presse citron de Philippe Starck
Dans un anglais qu'aucun francophone n'aura de mal à comprendre, le facétieux designer se demandait ce qu'il pouvait bien faire sur cette scène où se succédaient les beaux esprits de la planète, lui, le créateur de presse-citron, de sièges de toilettes et de brosses à dents. Un véritable show où Starck revisitait l'histoire de l'humanité pour finir sur cette note grave : si le designer est « acceptable » en des temps civilisés, « quand la barbarie est de retour, oubliez les belles chaises, les beaux hôtels. Il y a des priorités ». Et il ajoutait : « Voilà pourquoi j'ai si honte de faire ce métier. »
Aujourd'hui, Philippe Starck continuerait donc de battre sa coulpe et avoue : « J'ai créé tellement de choses sans vraiment m'y intéresser. » « Peut-être toutes ces années ont-elles été nécessaires pour que je me rende compte finalement qu'au fond, nous n'avons besoin de rien ? Nous possédons toujours trop. »
De là à se sentir lui-même de trop, il n'y a qu'un pas. Alors Starck annonce « dans deux ans, j'arrêterai, c'est sûr. Je ferai autre chose, je ne sais pas encore quoi. Ce sera une nouvelle forme d'expression. Une nouvelle arme, plus rapide, plus violente et plus légère que le design ».
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