
Venue d'Albanie, l'une des victimes présumées est la seule à témoigner contre ces anciens CRS.
Sept CRS de la même compagnie de Deuil-la-Barre (Val-d'Oise), comparaissent devant les assises de Paris., ils sont accusés de viols aggravés sur plusieurs prostituées.
« On y allait dans la joie et la bonne humeur entre guillemets, on jouait sur notre qualité de policiers, on négociait les prix en disant :’c’est combien pour la police, tu viens d’où, tu as quel âge’ », confie un CRS au micro d’Europe 1.
Des membres de la CRS n° 7 abordaient des prostituées sur les boulevards des Maréchaux, les entraînaient dans des coins isolés et leur imposaient des rapports sexuels non rémunérés.
En mai 2003, l'association d'aide aux personnes prostituées, le Nid, épaulée par la Ligue des droits de l'homme, saisissait l'IGS (« police des polices ») des accusations de deux jeunes femmes originaires d'Europe de l'Est. Sept CRS, tous très jeunes, seront finalement mis en cause lors de l'enquête.
Les CRS sont assis dans la grande salle des assises lorsque la seule de leurs victimes ayant osé les affronter jusqu'au bout fait son entrée. Elle arrive d'Albanie avec sa grosse valise beige et prend place entre un traducteur et son avocate. Elle pleure souvent en écoutant la longue lecture de l'ordonnance de mise en accusation. Il y a la description des actes répétés commis sous la contrainte. Mais aussi des déclarations dénuées de tout remords au cours de l'instruction : « C'était comme d'avoir des sandwiches à tarif réduit », osa par exemple l’un des CRS.
À la barre, le premier à répondre au questionnement clair et loyal du président Dominique Coujard se nomme Romaric Leclercq. Il est né en 1979, bachelier, mais s'exprime sans l'aisance qu'on pourrait attendre de lui. Les premiers faits qui lui sont reprochés remontent à l'époque où il était encore stagiaire. Il explique son choix d'entrer dans les CRS par « le besoin de quelque chose de structuré, l'envie d'aider les citoyens ». Puis, alors qu'il se plaint de n'avoir pas été suffisamment encadré - à l'évidence l'un des axes de la défense -, l'avocat Philippe Bilger lui demande quelle différence il fait entre la carrière policière dont il rêvait et le métier d'ambulancier qu'il exerce aujourd'hui. Réponse spontanée : « L'ambulancier a beaucoup moins de pouvoir. »
Les jurés ont une semaine pour essayer de comprendre comment ces sept jeunes hommes qui rêvaient d'« aider les citoyens » ont sont arrivé là.
L’uniforme ne donne pas tous les droits. Les trois principaux accusés, âgés de 28, 29 et 31 ans, ont reconnu l'essentiel des faits et encourent vingt ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu le 14 septembre.
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