
Nos deux chercheurs européens, se partagent le prix Nobel de Physique 2007, pour la même invention. Ils l’ont découverte simultanément mais séparément.
C'est en effet en 1988 et sans la moindre coopération que les deux chercheurs et leurs équipes ont découvert la 'spintronique', en application de la magnérorésistance géante (GMR) qui utilise le « spin »* d'un électron: c'est une propriété "quantique" qui le fait tourner sur lui-même, aujourd'hui exploitée dans l'électronique.
La magnétorésistance géante a été découverte dans des couches monocristallines en 1988 par deux équipes indépendantes : celle d'Albert Fert, de l'Université de Paris Sud-Orsay, et celle menée par Peter Grünberg du Centre de recherche de Jülich (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne). Une équipe de recherche d'IBM menée par Stuart Parkin a réalisé la même expérience sur des couches polycristallines en 1989, ouvrant ainsi la voie à des applications suffisamment peu chères pour envisager des applications commerciales. En particulier, l'une des applications possibles était l'utilisation de la GMR pour réaliser un capteur de champ magnétique, et ainsi proposer un nouveau type de tête de lecture dans les disques durs d'ordinateurs. Le premier dispositif utilisant la magnétorésistance géante a été commercialisé par IBM en décembre 1997.
Peter Grünberg et Albert Fert
Phénomène remarquable et totalement dans l'ère du temps, s'il aura fallu plus de 20 années pour découvrir et exploiter la sprintonique, celle-ci s'est répandue à la vitesse d'un feu de poudre dans l'industrie.
Car aujourd'hui la GMR débarque sur des applications qui dépassent désormais le domaine de l'informatique et des mémoires…
Albert Fert a reçu récemment une grande distinction scientifique japonaise, le Japan Prize 2007, pour sa découverte de la magnétorésistance géante et sa contribution au développement de la spintronique. Il partageait déjà cette récompense avec son collègue allemand Peter Grünberg.
*Le spin est une propriété quantique intrinsèque associée à chaque particule, qui est caractéristique de la nature de la particule, au même titre que sa masse et sa charge électrique. Elle permet de caractériser le comportement de la particule sous l'effet de la symétrie de rotation de l'espace.
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