Le troisième homme de la campagne est sur le Net…

 

Ne cherchez plus ailleurs. Le troisième homme de la campagne est sur le Net. Et il s'appelle Bruno Candida. Avec sa tête de premier de la classe, ce mime comédien triture, concasse, maltraite les envolées lyriques des candidats à la présidentielle.

« Le bon goût de la campagne, c'est sur le Net », proclame une émission politique dominicale de Canal+. C'est vrai que nous ne sommes guère à plaindre, question sites de soutien en tous genres, eux-mêmes pastichés par des blogs cruels où l'on pointe les travers, imprécisions et néologismes douteux de tel ou tel candidat(e). Gaffes et griffes offrent à tout bon blogueur une matière réjouissante et quotidienne pour « ratiociner ». De là à dénicher on-line celui ou celle pour qui l'on pourrait voter...

Avec Bruno Candida, cette question est réglée. Sa tête de premier de la classe s'affiche sur le Net depuis le 1er janvier. Etrange reflet vivant des politiques tendance, il dompte le débat droite/gauche comme personne avant lui. Le buzz entourant sa campagne va croissant. Mille visites par jour la première semaine. Mais depuis que le Nouvel Obs et l'émission de Ruquier sur Europe 1 en ont parlé, le trafic s'envole avec des pointes à 20 000 visiteurs par jour. Les internautes jubilent et s'échangent en ricanant l'adresse, et regardent les discours de ce candidat du 3ème type.

 

Bruno Candida triture, concasse, maltraite, malaxe les envolées lyriques et les explications claires ou confuses des tribuns et leaders en vue. Il en ressort des mini-manifestes où se dévoile en réalité leur inconscient politique. C'est d'une belle cruauté drolatique. Bruno est tour à tour ce Chirac affirmant à l'heure des vœux « qu'il faut construire une économie créatrice d'un chômage de longue durée », tout en se désolant « qu'il ne soit pas facile de détruire notre protection sociale, je le sais ». Puis, il devient ce vibrionnant Sarkozy qui claironne « Sarkozy on n'en peut plus ! Vous voulez qu'on vous débarrasse de Sarkozy ? On vous débarrassera de cette racaille. » Sa docte Ségolène, dans un sourire content de soi, explique: « je mesure le poids de ma parole, en bonne articulasurne, parfaitement concible, pour mettre de la République par tas. » Le plus étrange étant que ce clip fut enregistré avant l'épisode chinois de la « bravitude ». Son De Villiers s'emmêle les pinceaux dans des argumentations absconses, son Jospin affirme des démonstrations où l'on ne comprend rien, et l'on attend avec impatience Bayrou, Bové, Le Pen.

Bruno-Stéphane s'amuse ainsi depuis dix ans à faire des play-backs détournés. Sa rencontre avec l'humoriste François Rollin déclenche l'envie de créer ce personnage de « pot pourri politique ». Lorsqu'il rencontre ensuite les créatifs de Polemix et La Voix-off, qui diffusent des mixages depuis une radio basée à Tours, le concept est alors au point. Travail de montage sonore impeccable, mimiques à se tordre ; pour l'heure, huit clips sont disponibles, avec une nouveauté par semaine … avant une accélération programmée en mars.

Le challenge sera ensuite d'organiser le débat télévisuel entre les deux tours, puis les résultats de l'élection en « streaming » et en direct. Une chose est sûre : Bruno Candida sera le vainqueur… Et le perdant.

http://www.brunocandida.com/